Négociation collective

Le président de l’ACAF exhorte le gouvernement à investir dans l’avenir de la fonction publique

L’honorable Jim Flaherty, C.P., député
Ministre des Finances
Finances Canada
140, rue O’Connor
Ottawa (Ontario)  K1A 0G5

Monsieur le Ministre,

Au nom des plus de 3 800 agents financiers de la fonction publique fédérale, je vous exhorte à reconsidérer les plans visant à légiférer et peut-être même à réduire les salaires des fonctionnaires dans le prochain budget fédéral. En ma qualité d’agent financier, je peux fort bien comprendre les pressions que vous subissez actuellement pour trouver des économies de coûts en cette période de restriction budgétaire forcée. Cependant, les propositions lancées à la fin de l’année dernière qui consisteraient à imposer les salaires des fonctionnaires sont imprévoyantes.

La fonction publique est actuellement aux prises avec un grave resserrement démographique; nous ne devons rien épargner pour faire en sorte qu’elle reste l’employeur privilégié pour la crème de la crème des Canadiens et des Canadiennes. La publicité négative liée aux réductions et contrôles des salaires -concoctés hors du processus de négociation et unilatéralement imposés – ternirait cette réputation au moment même où la concurrence pour les travailleurs et travailleuses du savoir est féroce.

C’est particulièrement vrai pour la collectivité FI, les comptables et conseillers financiers que l’ACAF est fière de représenter. Le Guide salarial 2009 de Robert Half International a conclu qu’ « on peut s’attendre à ce que le secteur de la comptabilité publique, qui devrait fortement ressentir les incidences de cette nouvelle tendance dans la population active, soit en mode de recrutement pour plusieurs années ».

La convention collective actuelle de la collectivité FI, qui a été négociée et ratifiée de bonne foi par les membres de l’ACAF en juin 2008, est le fruit de négociations remarquablement franches, novatrices et professionnelles avec le Conseil du Trésor. Au total, les deux tiers des fonctionnaires fédéraux ont une convention collective en vigueur ou sont sur le point de ratifier des ententes de principe conclues de bonne foi. La réduction de ces conventions causerait du tort irréparable aux relations délicates qui existent entre des dizaines de milliers de fonctionnaires et leur employeur et compromettrait le processus de négociation enchâssé dans la Loi sur les relations de travail dans la fonction publique.

Il est important de se rappeler que, bien que nos intérêts soient parfois divergents, l’objectif des agents négociateurs et du gouvernement fédéral est le même – créer un climat qui attire les meilleurs Canadiens et Canadiennes dans la fonction publique, qui les encourage à y rester et qui leur permet de mettre leurs compétences au service du mieux-être du pays. Vous conviendrez sans doute avec moi que le tort que des salaires imposés et des réductions salariales possibles causerait à la fonction publique comme institution l’emporte de beaucoup sur le modeste allégement fiscal à court terme qui pourrait en résulter.

Je vous remercie de votre temps et de votre intérêt. La tâche qui vous attend est lourde, et croyez bien que j’en suis le premier conscient. Mais, de grâce, ne compromettez pas l’institution même qui a été mise en place pour vous aider à vous en acquitter.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de mes sentiments les meilleurs.

Milt Isaacs, CMA
Le président et président du Conseil d’administration
Association canadienne des agents financiers

 

c.c. :    Le très honorable Stephen Harper, C.P., député, premier ministre du Canada
L’honorable Vic Toews, C.P., député, président du Conseil du Trésor

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