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Le président de l’ACAF, Milt Isaacs, incite le gouvernement à maintenir sa capacité financière

Le président de l’ACAF, Milt Isaacs, incite le gouvernement fédéral à prendre en considération les incidences que le prochain budget qu’il s’apprête à déposer aura sur la surveillance financière et la responsabilisation. L’opinion/éditorial de M. Isaacs publié dans le numéro du 20 février du journal Hill Times est reproduit avec sa traduction ci-dessous.

Des économies de bouts de chandelles

Au moment où les gouvernements partout dans le monde tentent de cerner leurs enjeux financiers, il est impérieux qu’ils prennent conscience de la valeur des professionnels des finances. Une plus grande gestion financière s’impose pour maîtriser les budgets de la fonction publique et garantir leur viabilité à long terme.

À cet égard, il faudrait d’abord garder à l’esprit que la capacité financière constitue un investissement.

Le gouvernement du Canada a adopté une démarche de décentralisation de la mise en Å“uvre de ses mesures budgétaires, comme l’a déclaré le Conseil du Trésor lors de comparutions devant le Comité des opérations gouvernementales et des prévisions budgétaires de la Chambre des communes, en 2011.

Rien à redire là-dessus. Mais, comme je l’ai déclaré lors des mêmes audiences devant le comité, on peut perdre sa carte routière financière quand on ne dispose pas des bonnes personnes pour assurer la surveillance financière : lorsqu’un poste d’agent financier ou d’agente financière devient vacant, il pourrait être absorbé dans des programmes. Lorsque cela se produit, la surveillance en est affaiblie.

Le gouvernement conservateur soutient qu’il veut renforcer la surveillance financière dans de nombreux secteurs, notamment :

  • les institutions financières internationales;
  • la réglementation des valeurs mobilières;
  • les dépenses en subventions et contributions.

Cependant, le gouvernement ne pourra pas assurer la surveillance qui s’impose s’il diminue sa capacité en sabrant dans le nombre de personnes chargées de cette surveillance. Après tout, ce gouvernement a d’abord été élu grâce à une plateforme de responsabilisation accrue. Les agents financiers jouent un rôle crucial dans le cadre de responsabilisation.

Des professionnels des finances qualifiés auront en dernière analyse la responsabilité d’appliquer la discipline financière requise pour améliorer l’efficience et l’efficacité de la prestation des programmes au sein du gouvernement du Canada.

Les agents financiers du gouvernement du Canada (le groupe FI) respectent toutes les normes  imposées au secteur privé et, de surcroît, ils ont des obligations additionnelles en matière de responsabilité et de transparence qui découlent du fait qu’ils doivent s’occuper de fonds publics. Notamment, ils :

  • exploitent des systèmes de gestion financière intégrés complexes;
  • gèrent des centaines de milliards de dollars en transactions;
  • surveillent les mécanismes de contrôle des dépenses en fonction des risques et de la confiance du public;
  • exécutent des analyses exhaustives qui s’inscrivent dans la gestion des programmes du gouvernement.

Le Canada est fier de sa solide gérance financière. Lorsque nous coupons dans les services publics, nous devons prendre en considération les incidences sur la surveillance financière et la responsabilité. Quand le gouvernement réduit sa capacité financière, il risque  de s’exposer à des conditions susceptibles d’entraîner une perte de confiance du public et de confiance dans la collectivité internationale.

Regardez au-delà de l’Atlantique. Le coût de ne pas tenir compte de l’importance de la capacité financière devient douloureusement clair. Il incombe au gouvernement d’améliorer le bien-être, la prospérité, les débouchés, la sécurité et la protection de ses citoyens.

Les gérances financières influent sur les vies de tous les citoyens. Bâtir et maintenir la capacité financière, c’est un investissement. Le coût d’un échec est trop élevé, tout comme le risque de négliger son importance est trop grand.

Les gouvernements lourdement endettés seraient sages de conserver le personnel responsable de leur jeter une bouée de sauvetage au moment précis où ils en ont le plus besoin.

Milt Isaacs, CMA

Président, Association canadienne des agents financiers

Date: 2012-02-21

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