Le Coin du président

Message du président pour la Fête du Travail

La fête du Travail est un jour férié permettant de célébrer et de souligner les réalisations des travailleuses et travailleurs canadiens. À titre d’agents financiers et d’agentes financières, vous devriez être fiers du travail que vous exécutez. Votre travail contribue à la gestion des fonds publics canadiens et garantit la responsabilisation dans la prestation des programmes et des services du gouvernement.

La fête du Travail se veut aussi un moment propice pour commémorer les contributions des pionniers du mouvement ouvrier qui ont obtenu bon nombre des droits que nous tenons pour acquis aujourd’hui, notamment la semaine de travail de cinq jours, le salaire minimum et les normes de santé et de sécurité au travail.

Encore aujourd’hui, le mouvement ouvrier continue d’être l’artisan du maintien de conditions de travail adéquates, de la parité financière et d’une classe moyenne de travailleurs et travailleuses en santé, nécessaires à une démocratie solide et équitable.

À l’heure actuelle, le mouvement ouvrier traverse une période difficile de son histoire. Les syndicats — et en particulier la fonction publique — ont récemment fait l’objet d’attaques de la part d’un mouvement antisyndical mondial. Ces antisyndicalistes soutiennent que les difficultés économiques avec lesquelles de nombreux pays sont aux prises sont le résultat des exigences excessives des syndicats plutôt que de l’appât du gain incontrôlé qui a presque occasionné l’affaissement du système économique mondial en 2008.

Le Conference Board du Canada a récemment publié un rapport révélant que le fossé économique entre les riches et les pauvres s’élargit. Ce genre de fossés a entraîné de violents malaises ouvriers dans le passé. Si la tendance se maintient, nous risquons que l’histoire se répète.

Certains droits fondamentaux sont essentiels pour que notre société fonctionne. Nous devons rester vigilants dans la défense de nos droits au travail; sinon, nous risquons de les perdre. Autant que nous puissions vouloir nous sentir en sécurité au Canada, il serait idiot de verser dans la complaisance.

L’Association est témoin de multiples tentatives de limiter les droits à la négociation collective des Canadiens, par exemple, des lois de retour au travail préemptives, des projets de loi à la Chambre des communes obligeant les syndicats à se soumettre à des examens publics comme aucune autre organisation sans but lucratif (y compris les partis politiques nationaux) et des propositions visant à miner la capacité des syndicats de générer des recettes.

Il ne fait aucun doute que les organisations de travailleurs, comme toutes les autres organisations, doivent évoluer au fil du temps. Cela ne justifie pas ces attaques et ne signifie pas que les syndicats ne font pas les ajustements qui s’imposent pour satisfaire les besoins de la prochaine génération. Les syndicats ont l’obligation envers tous les gens, et non pas uniquement leurs membres, de veiller à ce que le gouvernement soit tenu responsable de l’élaboration de mesures législatives qui protègent les citoyens de l’exploitation et de conditions de travail dangereuses.

Nous célébrons la fête du Travail en soulignant la valeur que la communauté FI apporte aux Canadiens et aux Canadiennes, mais nous ne devons pas perdre de vue les défis qui se posent pour le mouvement ouvrier ailleurs dans le monde. Ils auront sans doute des incidences sur nous.

Si nous ne portons pas attention à ce qui se passe dans le monde, la tendance d’exploitation viendra inévitablement s’échouer sur nos rives. En un clin d’œil, tous les gains que nos prédécesseurs ont réussi à obtenir pour les travailleurs disparaîtront. Autant nous devrions célébrer notre histoire dans le mouvement ouvrier, autant nous devons prendre garde à ceux et celles qui s’opposent au partage de la prospérité du Canada.

 

Milt Isaacs, CMA, CPFA

Président, Association canadienne des agents financiers

 

27/08/2012

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