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Les négociations collectives : notions sur les moyens de pression au travail et l’importance du droit de grève

Aujourd’hui, le 18 février 2015 a été désigné par la Confédération syndicale internationale (CSI) journée d’action mondiale de défense du droit de grève. Et bien que l’ACAF et la communauté FI aient joui jusqu’ici de 25 années de négociations cordiales et professionnelles, de récents développements ont fait ressortir toute l’importance de notre droit de grève.

Pour reprendre les mots de nos collègues de l’Internationale des services publics, « le droit de grève n’est que trop souvent dénié aux travailleurs des secteurs publics, suite aux définitions très larges des services essentiels et des limites imposées à la négociation collective ou au droit à l’organisation. »

De fait, au Canada, la Cour suprême du Canada a été appelée à se prononcer sur ces développements en Saskatchewan – jugement que l’ACAF a soulevé cette semaine dans le cadre de ses propres négociations, compte tenu des modifications inconstitutionnelles que le gouvernement fédéral a récemment apportées au cadre de désignation des services essentiels. Le fait que nous puissions puiser dans les recherches et les ressources de nos partenaires internationaux dans le cadre de cette Journée d’action mondiale ne pourra que renforcer notre position et notre détermination sur cet enjeu crucial.

Il y a lieu de noter toutefois que, tout en défendant fermement notre droit constitutionnel de faire la grève, nous restons engagés à négocier de bonne foi en vue d’obtenir une entente juste pour la communauté FI sans devoir recourir à la grève ou à prendre d’autres moyens de pression au travail, quels qu’ils soient.

Comme lors des rondes antérieures, nous estimons que les faits parlent d’eux-mêmes. Contrairement à ces rondes, l’ACAF et la communauté FI n’ont pas le droit de choisir leur propre destinée à cet égard; le gouvernement nous a retiré notre droit de choisir un mode de règlement des différends et, ce faisant, il a supprimé le recours à l’arbitrage de la table. Si nous devions être obligés de prendre des moyens de pression au travail pour obtenir une entente juste, ce serait parce que l’employeur ne nous aurait littéralement laissé aucun autre choix.

La communauté FI est notamment reconnue pour sa capacité de bien travailler avec ses collègues dans d’autres groupes et d’autres paliers. Nous sommes parfaitement conscients que des moyens de pression au travail, par définition, placeraient ce groupe en situation de tension. Le groupe de travail de l’ACAF sur les moyens de pression au travail s’inspirera des ressources et des expériences de nos partenaires nationaux et internationaux pour faire en sorte que nous disposions du plus grand nombre possible d’options, mais, même des mesures comme la grève du zèle ou le refus de travailler des heures supplémentaires seraient contraires à la nature même du groupe.

Cependant, nous savons aussi que la communauté FI est fière et solidaire dans sa détermination. L’employeur serait mal avisé de méprendre notre professionnalisme pour de la faiblesse. Si jamais le temps vient de recourir à des moyens de pression, nous savons que la communauté FI prouvera qu’il ne faut pas la prendre à la légère. L’arrêt de travail ne se veut pas notre seule option, mais, comme les syndicats de partout dans le monde nous le rappellent à tous et à toutes aujourd’hui, il en constitue effectivement une.

Et l’ACAF ne craindra pas d’y recourir, le cas échéant.

 

Milt Isaacs, CPA, CMA, CPFA
Président, Association canadienne des agents financiers

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