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Alex Himelfarb: Impôt n’est pas un gros mot

Les 16-17 juin 2015, l’ACAF a été l’hôtesse du sommet sur le financement de la démocratie, une activité de portée internationale d’une durée de deux jours regroupant des chefs de file mondiaux de l’industrie, du gouvernement, de l’éducation et des ONG afin de se pencher sur les enjeux en matière de fiscalité, de corruption et de commerce et d’élaborer des pistes de solution à ces problèmes mondiaux. Voici un résumé du sommet sur le financement de la démocratie.

Alex Himelfarb se penche sur les sentiments anti-impôts au Canada et l’importance de rebâtir la solidarité 

Alex Himelfarb a amorcé son allocution sur une note personnelle, soulignant qu’il était habité par un sentiment de « retour à la maison » devant une salle remplie de fonctionnaires. Il a réitéré qu’il était d’accord avec les points saillants des allocutions précédentes. L’approche descendante, selon M. Himelfarb, ne fonctionne pas.

Pour ce qui est de la notion de « gros mot », M. Himelfarb a fait état des fortes charges émotives que les impôts suscitent. Il a expliqué que, lorsqu’il leur faut payer des impôts, les gens ressentent un sentiment de colère parce qu’ils pensent qu’ils doivent donner leur argent à un gouvernement qu’ils perçoivent comme corrompu et inefficace. C’est là, a-t-il soutenu, une grave distorsion par rapport à la façon dont les gens parlent d’impôts au Canada et à ce qu’ils en pensent.

Il a avancé trois raisons pour lesquelles les Canadiens en sont venus à détester les impôts :

  • Nous ne voyons pas souvent les avantages des impôts. Les impôts permettent d’acheter des biens publics – des lampadaires, par exemple – qu’on tient souvent pour acquis
  • Dans une société reposant sur l’avantage de la position et la consommation axée sur la concurrence, les biens publics ne sont pas appréciés
  • Les avantages des impôts sont abstraits ou à long terme (par ex., des investissements dans l’environnement, les infrastructures, la recherche scientifique), et la société préfère des rendements concrets, à court terme

En réponse, M. Himelfarb a soutenu que la société a perdu le sentiment de gratitude pour l’établissement de biens publics. Il a dénoncé l’hypocrisie inhérente dans le fait de surestimer la valeur néolibérale des libertés individuelles, tout en exigeant une certains qualité de biens et services publics.

Il a expliqué que les réductions d’impôts entraînent des déficits, puis l’austérité, ce qui crée un cercle vicieux. Lorsqu’on coupe dans des programmes, ceux-ci deviennent moins intéressants, les gens se mettent en colère et il en résulte des sentiments anti-impôts. L’austérité, pour sa part, érode des programmes comme le bien-être et l’assurance-emploi qui sont nécessaires pour lutter contre l’inégalité. En dernier lieu, M. Himelfarb a fait valoir qu’une culture d’austérité défie l’imagination politique.

Himelfarb a conclu en lançant l’idée qu’en glorifiant l’individualisme extrême, on ne tient pas compte des incidences des infortunes ou de la simple chance. Les gens ont des points de départ différents et se trouvent de naissance dans des positions de pouvoir différentes. La véritable liberté, selon lui, vient lorsqu’on apprend que l’union fait la force.

Himelfard a soutenu que rebâtir la solidarité est la clé de la volte-face dans le discours sur les impôts.

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